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L’architecture en temps de crise

une exposition de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Clermont-Ferrand
Du vendredi 19 juin 2026
au dimanche 27 septembre 2026
à archipel


archipel accueille une exposition qui invite à repenser l’architecture lorsque la crise devient un contexte durable de la création. 

Les expériences présentées montrent des situations de projet en temps de crise : des contextes où les architectes interviennent peu, ailleurs et différemment ; où la relocalisation des ressources devient une façon de répondre aux tensions matérielles et foncières et où l’architecture, ses objets et ses représentations se transforment en même temps que les contextes sociaux et environnementaux.

Comme le rappellent les commissaires de l’exposition, Marion Chambinaud, Hélène Coussedière, Laurie Gangarossa et Julie André-Garguilo, la crise se traduit souvent par une accélération des rythmes et une concentration des urgences, qui orientent les décisions vers des réponses immédiates.
Elle s’inscrit pourtant dans la durée : elle se construit progressivement, se développe et peut s’installer comme une condition durable des manières d’habiter et de concevoir les territoires.

Dans ce cadre, l’exposition propose de considérer le temps de la crise dans sa continuité afin d’en faire un objet de réflexion sur les pratiques de conception. Elle permet d’observer comment les manières de faire architecture évoluent lorsque les conditions de projet sont instables ou en transformation.

Les projets présentés documentent ainsi des formes d’adaptation : interventions plus discrètes ou déplacées, ajustements aux ressources disponibles, transformations des outils et des modes de représentation. Ils donnent à voir des pratiques qui se reconfigurent au contact de contextes sociaux, écologiques et fonciers en mutation.


Éditorial
L’architecture en temps de crise
La crise précipite. Elle projette contre le gouffre et menace par la chute. Elle presse
les êtres et compresse le temps. Elle homogénéise les urgences et impose l’instantané
comme solution. Pourtant, la crise existe dans le temps : elle a eu besoin d’une
période pour émerger puis pour culminer. Elle-même tend à s’installer comme une
condition durable d’habiter notre monde.
Dès lors, pourquoi ne pas reconsidérer le temps dans toute son épaisseur ? Pourquoi
ne pas le prendre, ce temps si inévitable de la crise, pour questionner nos manières
de faire et de penser, pour faire de la crise un outil de pouvoir et d’action ? Si la
chose est si grave, si prégnante, alors allons-y sans détour : bousculons, ébranlons,
retournons. Rejetons l’immédiateté solutionniste et embrassons l’incertain.
Explorons ce que nous n’avons pu explorer jusqu’à présent pour cause d’abondance,
d’accalmie et de prospérité. Si la crise subsiste, sortons-la des imaginaires figés et
sclérosés. Refusons d’en faire un mythe quotidien, un mot-valise, un mot magique
dont nous saurions nommer la cause et dater la naissance, mais dont nous ignorerions
la mort et les faiblesses. Expérimentons-la, qualifions-la et investissons sa condition,
pour la connaitre et l’ancrer dans nos réalités.
Que la crise soit l’occasion de transformer les pratiques et d’interroger des liens de
causalité bancals.
Cette exposition donne à voir des expériences et réflexions architecturales, urbaines
et paysagères menées en temps de crise : des expériences où les architectes interviennent
peu, ailleurs et différemment ; où la relocalisation des ressources devient
une façon de répondre à la crise matérielle et foncière, et où l’architecture, ses objets
et représentations se transforment en même temps que le climat et son instabilité
grandissante.

Marion Chambinaud, Hélène Coussedière, Laurie Gangarossa et Julie André-Garguilo, commissaires de l’exposition, enseignantes à l’ENSACF et membres de la Commission de valorisation de la culture architecturale.

L’exposition itinérante accueille les exposants
suivants :

  • Stéphane Bonzani (Architecte, docteur en philosophie et HDR en architecture,
    Professeur TPCAU ENSACF) — « Crise de l’habitabilité / Crise de l’invention »
  • Boris Bouchet Architectes et Urbanistes (Boris Bouchet, architecte et enseignant
    ENSACF) — « L’Architecture en temps de crise »
  • Bénédicte Chaljub (historienne de l’architecture et enseignante ENSACF),
    Amélie Flamand (sociologue de l’urbain et enseignante ENSACF), Rémi Laporte
    (architecte et enseignant ENSACF), Domaine d’étude Eteh (Éco-conception
    des territoires et des espaces habités) — « La recherche pluridisciplinaire
    pour l’architecture en temps de crise – Pratiques, méthodes, déplacements et
    transmission »
  • Brigitte Floret (architecte et maître de conférences ENSACF), Mathilde Lavenu
    (architecte et maître de conférences ENSACF) — « Renouveler et reproduire en
    temps de crise »
  • GRAMA architecture (Chloé Mariey, architecte et enseignante ENSACF,
    Guillaume Munné, architecte et enseignant ENSACF), Marion Danset (illustration)
    — « Architecture sans fenêtres – Chaufferie collective bois déchiqueté »
  • Luc Léotoing Paysage Urbanisme (Luc Léotoing, paysagiste et enseignant
    ENSACF)
  • meat architectures et territoires (Clara Delmond, architecte et enseignante
    ENSACF) — « Construire une architecture des situations »

    © Visuel : Boris Bouchet Architectes et Urbanistes

Commissariat

Marion Chambinaud, Hélène Coussedière, Laurie Gangarossa et Julie André-Garguilo

Partenaires

Une exposition issue du cycle « L’architecture est un artisanat » porté par la Commission de valorisation de la culture architecturale de l’ENSACF.
Avec le soutien et les travaux de l’École nationale supérieure d’architecture de l’ENSACF de ses étudiants, enseignants et chercheurs.

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